
Le premier ministre Joseph Dion Ngute n’est pas seulement un dignitaire politique de la république, mais également une figure de proue et un gardien de la tradition au sein de la communauté Sawa.
En plus de ses fonctions politiques à la tête du gouvernement, il est un chef traditionnel. Le chef du village de Bongongo 1 dans le département du Ndian. Au sein de l’organisation sociopolitique Sawa, les chefs traditionnels possèdent une grande légitimité et jouent un rôle clé de gardiens des us et coutumes.
La carrière politique de Joseph Dion Ngute est celle d’un technocrate chevronné et d’un diplomate de haut vol, caractérisée par une fidélité constante aux institutions camerounaises et au président Paul Biya.
Avant d’occuper le sommet de l’administration, il a bâti sa réputation sur une solide expertise juridique et une longue expérience à l’international.Voici les grandes étapes et caractéristiques de son parcours .
Joseph Dion Ngute détient un doctorat en droit (Ph.D.) de l’université de Warwick au Royaume-Uni. Avant de basculer pleinement en politique, il a dirigé l’institution la plus prestigieuse de formation des cadres de l’État : l’ENAM (École Nationale d’Administration et de Magistrature), dont il a été le Directeur Général de 1991 à 2000.
Visage de la diplomatie camerounaise et du Commonwealth. Pendant plus de deux décennies, il a été la cheville ouvrière des relations extérieures du pays.Ministre délégué chargé du Commonwealth (1997-2018). Pendant 21 ans, il gère l’ancrage du Cameroun au sein de la communauté anglophone mondiale. Parfaitement bilingue, il représente régulièrement le pays à l’ONU (notamment à la Commission des droits de l’homme à Genève) et mène des négociations internationales stratégiques, comme le dossier sensible de la péninsule de Bakassi face au Nigeria.
En mars 2018, il quitte le ministère des Relations extérieures pour se rapprocher directement du cœur du pouvoir en devenant Ministre chargé de mission à la Présidence de la République. Ce poste de confiance, qui dure un peu moins d’un an, sert souvent de tremplin avant de hautes responsabilités.
Le 4 janvier 2019, le président Paul Biya le nomme Premier ministre, chef du Gouvernement, succédant à Philémon Yang. Conformément à une coutume politique non écrite au Cameroun (qui veut que si le Président est francophone, le Premier ministre soit anglophone), Joseph Dion Ngute, originaire de la région du Sud-Ouest, coche toutes les cases.
Sa principale mission dès son arrivée a été de piloter le « Grand Dialogue National », une initiative majeure visant à trouver des solutions à la crise sécuritaire et politique qui secoue les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il s’est personnellement investi sur le terrain pour prôner l’apaisement et la décentralisation.
En tant que chef du gouvernement, il supervise l’action d’un cabinet de plus de 60 membres, gérant les dossiers économiques, de santé publique (comme la gestion de la crise du Covid-19), et de développement des infrastructures.
Sur le plan purement partisan, il est un cadre de premier plan du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais). Il est membre de son puissant Comité Central et y a occupé les fonctions de secrétaire adjoint aux Affaires économiques, sociales et à l’emploi, ce qui assoit sa légitimité politique au-delà de ses compétences techniques.


