
Pendant que nous nous insultons sur les réseaux sociaux, d’autres avancent sur nos terres. Pendant que nous nous divisons en clans, en villages, en patronymes et en querelles d’ego, d’autres s’organisent pour décider de notre avenir à notre place.
L’histoire est implacable : aucun peuple n’a jamais été vaincu de l’extérieur avant de s’être affaibli de l’intérieur.
De Manfé à Campo, les défis qui nous menacent ne demandent pas à quelle famille nous appartenons, ni quel dialecte nous parlons, ni quel groupe nous soutenons sur Facebook. Ils frappent tous les Sawa indistinctement.

Lorsque nos terres sont convoitées, c’est la terre sawa qui est visée. Lorsque nos droits sont bafoués, c’est la dignité sawa qui est atteinte. Lorsque notre histoire est effacée, c’est la mémoire de tout un peuple qui recule.

La désunion est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre.
Chaque insulte entre frères est une victoire offerte à ceux qui souhaitent notre affaiblissement. Chaque campagne de dénigrement est une pierre retirée de l’édifice commun. Chaque division est une porte ouverte à la spoliation.
Nous pouvons continuer à nous combattre entre nous jusqu’à devenir spectateurs de notre propre disparition. Ou alors choisir la voie des peuples qui survivent : l’unité dans la diversité, le respect malgré les différences, la solidarité malgré les désaccords.
Les Sawa n’ont pas besoin d’être uniformes pour être unis.
Nous pouvons avoir des opinions différentes, des sensibilités différentes, des intérêts différents. Mais lorsque l’essentiel est menacé, nous devons parler d’une seule voix.
Car un arbre isolé tombe sous la tempête. Une forêt résiste.

L’heure n’est plus aux querelles de réseaux sociaux. L’heure est au rassemblement. L’heure est à la défense de notre héritage. L’heure est à l’union.
Si nous restons divisés, nous perdrons ensemble.
Si nous nous unissons, nous avancerons ensemble.
L’avenir des Sawa ne sera pas construit par les plus bruyants, mais par les plus unis.
Nos adversaires n’ont pas besoin d’être plus forts que nous ; il leur suffit que nous restions divisés.

