Marlyse Rose Douala Bell

Marlyse Rose Douala Bell est une femme politique, psychologue des organisations et écrivaine camerounaise.
​Née à Douala, elle possède un parcours diversifié, mêlant des engagements en entreprise et une carrière politique notable au niveau national.
​Son Parcours Professionnel
​Diplômée en psychologie du travail et des organisations à l’Université René Descartes (Paris Sorbonne), elle commence sa carrière en France avec une formation pratique à la SNCF.
​À son retour au Cameroun, elle intègre la Régie des chemins de fer (Régifercam, devenue Camrail). Au sein de l’entreprise, elle est notamment chargée de poser les bases de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et du développement durable, un domaine alors novateur. Elle passera ensuite à la Société Nationale d’Electricité (SONEL).


​Son Action et Engagement Politique
​Marlyse Douala Bell est une figure militante de longue date du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir.
​Députée à l’Assemblée Nationale (2013–2020) : Après plusieurs tentatives électorales aux municipales et législatives à Douala, elle intègre la 9ème législature en tant que députée de la circonscription du Wouri. Durant son mandat, elle axe ses propositions sur l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, la parité des genres, le soutien aux personnes en situation de handicap, ainsi que sur le développement durable. Elle s’investit également dans la lutte contre la malnutrition en Afrique centrale à travers le réseau parlementaire camerounais « Roots of Life ».


​Sur la scène publique et médiatique, elle se distingue par un soutien très affirmé aux institutions en place et au président Paul Biya. Elle défend régulièrement l’idée que le régime a su bâtir et consolider les fondations de la démocratie camerounaise, malgré les crises.

​Ses interventions médiatiques font d’elle une personnalité clivante dans le paysage politique camerounais :
​Ses partisans et les militants de sa famille politique saluent sa loyauté envers le parti, ses compétences de technocrate et sa rigueur intellectuelle. Ils mettent en avant ses propositions parlementaires progressistes (social, environnement, genre) et sa constance politique.
​L’opposition et certaines figures de la société civile lui reprochent parfois des prises de position jugées trop complaisantes ou déconnectées de la réalité socio-économique des citoyens.

Sur le plan traditionnel, Marlyse Rose Douala Bell intègre une dimension de sauvegarde culturelle et de défense identitaire dans ses engagements, bien que cela se manifeste d’une manière bien spécifique liée à son profil politique et littéraire.



​La contribution de Marlyse Bell à la cause culturelle et communautaire s’articule autour de deux grands axes :
​1. La défense des terres et de l’identité du peuple Sawa
​Bien qu’elle soit une figure du parti au pouvoir (RDPC), Marlyse Douala Bell n’hésite pas à élever la voix lorsque les intérêts de sa communauté d’origine — le peuple Sawa (les autochtones de la région littorale du Cameroun) — sont menacés.
​Elle s’est notamment illustrée lors de l’affaire des déguerpissements de Dikolo (un quartier historique de Douala) en 2022. Elle a publiquement pris fait et cause pour les populations locales expropriées, dénonçant des indemnisations dérisoires par rapport à la valeur culturelle et foncière des terres ancestrales. Elle y a fermement défendu le droit du peuple autochtone Douala à s’indigner face à l’État, dénonçant le fait que leurs revendications légitimes soient trop souvent balayées et qualifiées à tort de « tribalistes ».
​2. La sauvegarde par l’écriture et la littérature
​En tant qu’écrivaine, elle utilise la fiction pour explorer, documenter et préserver la mémoire des dynamiques sociales et culturelles camerounaises.
​Dans son roman La trahison du prince Kotoko, elle met par exemple en scène les déchirures, les poids des traditions et les incompréhensions ethniques ou culturelles au sein de la société. Par ce biais, elle cherche à transmettre des clés de compréhension aux jeunes générations sur la nécessité de concilier la tradition avec la modernité et le vivre-ensemble.

​Son rôle de sauvegarde ne s’inscrit pas dans la gestion d’institutions artistiques, mais plutôt dans un rôle de sentinelle politique et communautaire. Elle s’efforce de protéger l’ancrage et la dignité du peuple Sawa face à l’urbanisation sauvage, tout en utilisant sa plume pour conscientiser sur les réalités socioculturelles du Cameroun.

Jean Richard Ndoumbé