
Un combat noble pour une cause juste
Sa Majesté Ekabouma Mbedi Pascal, parfois mentionné sous le nom d’Ekabouma Mdedi Njo est le chef du village de Bonateki.
L’action et le rôle de Sa Majesté Ekabouma s’articulent principalement autour de trois grands axes :
1. La préservation et la valorisation de la culture Sawa
En tant que gardien des traditions, il œuvre activement pour que l’identité culturelle de son village et de son peuple ne se perde pas face à la modernité. Il soutient des initiatives et des festivals locaux comme le projet culturel « Teki a Dibanga Milon Dibua » visant à redynamiser les coutumes de Bonateki, à enseigner l’histoire locale et à célébrer les valeurs ancestrales.
2. L’accompagnement et le leadership de la jeunesse
Sa Majesté Ekabouma se distingue par son implication auprès des jeunes générations. Il participe régulièrement à des rencontres, conférences et débats axés sur l’entrepreneuriat et le leadership des jeunes Sawa. Son discours pousse la jeunesse à s’émanciper sur le plan économique tout en restant solidement ancrée dans ses racines culturelles.
3. L’implication dans les instances traditionnelles régionales
Il travaille en étroite collaboration avec les grandes institutions culturelles de la région, notamment les dignitaires du Ngondo (la grande assemblée traditionnelle du peuple Sawa). Son action s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de cohésion sociale, de dialogue et de développement communautaire à l’échelle de la région de Douala et ses environs.
La dualité entre autochtones et allogènes, et la tentative par l’administration de créer ou de reconnaître des chefferies de communautés allogènes sur le territoire d’une chefferie traditionnelle historique (autochtone).
Dans ce contexte précis, voici ce que vaut la position de Sa Majesté Ekabouma face à la loi et comment les deux camps s’affrontent sur le plan juridique :
1. Ce que dit la loi en faveur de Sa Majesté Ekabouma (L’ancrage territorial)
Le décret de 1977 qui organise les chefferies au Cameroun repose sur un principe fondamental : la chefferie traditionnelle est strictement territoriale et liée au sang (la dynastie coutumière).
L’exclusivité du territoire : La loi reconnaît qu’à un espace géographique donné correspond une seule autorité traditionnelle légitime, gardienne de la terre des ancêtres. Un sous-préfet ne peut pas, en principe, redécouper le territoire historique d’un village comme Bonateki pour y superposer une autre chefferie autonome.
L’avis obligatoire des notables : Pour créer, modifier ou nommer un chef, le sous-préfet doit obligatoirement consulter les notables et les populations autochtones. S’il tente d’imposer un « chef de communauté » (allogène) avec des prérogatives de chef traditionnel sans cette consultation, son acte est entaché d’excès de pouvoir et de vice de forme.
2. L’argument (souvent abusif) de l’administration et des communautés allogènes
Pour justifier l’instauration ou la reconnaissance d’un représentant des communautés allogènes (notamment dans les grands pôles économiques comme la zone industrielle du Grand Moulin à Douala, où les populations venues d’autres régions sont majoritaires), le sous-préfet s’appuie généralement sur deux arguments :
Le maintien de l’ordre public et l’encadrement : L’administration utilise souvent la formule de « chef de communauté » ou de « représentant » pour encadrer des populations migrantes numériquement importantes, afin d’avoir un interlocuteur direct pour gérer les tensions ou collecter des taxes.
La liberté d’établissement : Le préambule de la Constitution camerounaise garantit à tout citoyen le droit de s’établir là où il le souhaite sur le territoire national. L’administration interprète parfois (abusivement selon les autochtones) ce droit comme une possibilité d’accorder une autonomie politique ou culturelle locale à ces groupes installés depuis longtemps.
3. La valeur juridique de la résistance de Sa Majesté Ekabouma
Face à cette manœuvre du sous-préfet, la position de Sa Majesté Ekabouma est très forte sur le plan du droit pur, mais fragile sur le plan politique à court terme :
Une violation claire du décret de 1977 : Le droit camerounais ne reconnaît pas de statut légal de « chef traditionnel » à un leader allogène en terre d’autochtones. Un « chef de communauté » (par exemple un chef d’une communauté du Nord ou de l’Ouest à Douala) n’est qu’un leader associatif ou un chef de second rang purement honorifique. Il n’a aucun pouvoir légal de commandement territorial, aucun droit sur les terres, et ne peut pas délivrer d’actes coutumiers.
Le risque d’insubordination : Si le chef refuse d’exécuter une décision ou un arrêté signé par le sous-préfet, la loi permet à ce dernier de suspendre le chef pour « insubordination » ou « incitation à la révolte ». C’est l’arme fatale de l’administration.
Le nœud du problème :
En voulant instaurer une chefferie allogène, le sous-préfet crée un précédent juridique dangereux que Sa Majesté Ekabouma et le peuple Sawa refusent catégoriquement. Devant les tribunaux administratifs, le chef de Bonateki obtiendrait très probablement l’annulation de l’acte du sous-préfet, car la loi camerounaise protège l’intangibilité territoriale des chefferies autochtones. C’est pourquoi le combat du chef est autant juridique que politique : il s’agit de bloquer l’arrêté du sous-préfet avant qu’il ne crée une situation de fait accompli sur le terrain.





