
Sa majesté Michèle Gaëlle Mahouvé est la cheffe supérieure actuelle du groupement Batanga Lohové à Kribi.
Son accession au trône Une succession historique Première Reine : Intronisée en février 2019, elle est entrée dans l’histoire en devenant la première femme à accéder au trône de cette communauté traditionnelle. Héritage . Magistrate de carrière au Cameroun elle a succédé à son père, Sa Majesté Michel Mahouvé III, décédé tragiquement en janvier 2019 dans un accident de la circulation.
La Chefferie Batanga Lohové Localisation : Cette chefferie de 2ème degré couvre une grande partie de l’arrondissement de Kribi 1er, dans le département de l’Océan (Région du Sud). Lignée des Mahouvé : Michel Godfred Endonda Mahouvé (Premier chef supérieur). Marcel Mahouvé II (a régné pendant 27 ans jusqu’en 1996). Michel Mahouvé III (intronisé en 2004, décédé en 2019). Michèle Gaëlle Mahouve (depuis 2019).
Elle joue un rôle central dans la préservation de la culture Batanga, notamment lors de la célèbre fête traditionnelle du Mayi (fête du retour) qui aujourd’hui symbolise aussi au delà de son aspect rituel et spirituel, la commémoration de la fin de l’exil forcé du peuple Batanga en 1916.
Depuis son accession au trône en 2019, le règne de Sa Majesté Michèle Gaëlle Mahouve est marqué par une transition entre tradition ancestrale et modernité administrative. En tant que magistrate et première femme à ce poste, elle a su imposer un style de leadership unique. Modernisation de l’image de la chefferie En tant que femme de loi et intellectuelle, elle a apporté une rigueur administrative nouvelle à la chefferie. Elle utilise son expertise juridique pour mieux structurer la gestion des affaires foncières et communautaires, tout en digitalisant progressivement la communication autour des activités du groupement. Préservation et rayonnement du patrimoine (Le Mayi) Elle a su maintenir et dynamiser la célébration du Mayi (fête du retour des Batanga de l’exil). Sous son impulsion, cet événement est devenu un rendez-vous culturel majeur qui dépasse les frontières de Kribi, attirant des touristes et des officiels, renforçant ainsi le rayonnement culturel du peuple Batanga au niveau national. Arbitrage et cohésion sociale Dans une zone comme Kribi, marquée par de grands projets industriels (Port en eaux profondes, usines), les tensions liées au foncier sont fréquentes. Son statut de magistrate lui confère une autorité naturelle et une neutralité rassurante pour médiatiser les conflits entre les populations locales et les opérateurs économiques et défendre les droits de ses administrés face à l’urbanisation galopante.
Leadership féminin et éducation Son règne brise les plafonds de verre dans une société traditionnelle autrefois exclusivement gérée par les hommes. Elle est devenue un modèle pour la jeune fille Batanga, prouvant qu’on peut occuper les plus hautes fonctions coutumières tout en menant une carrière professionnelle de haut niveau. Elle s’implique d’ailleurs activement dans les questions d’éducation et de promotion sociale des femmes de sa communauté. Dialogue avec l’administration Elle assure un pont fluide entre les autorités de l’État (Préfets, Gouverneur) et les populations locales. Sa capacité à parler le langage de l’administration tout en respectant les rites ancestraux permet au groupement Batanga Lohové d’être mieux entendu dans les cercles de décision.
Son règne est souvent cité comme un exemple de « tradition évolutive » au Cameroun, où la coutume s’adapte aux enjeux de développement du XXIe siècle sans perdre son âme.




